L'écriture de cette femme était comme un oiseau en plein désert. Mon corps était ivre de ces mots et le bruit de ses draps dans le douceur du matin était comme un rêve insaisissable. Sa robe rose de velours m'emplissait de désir et d'ivresse. Penchée à la fenêtre, dans la splendeur de l'hiver, elle étendait les linges de son lit frais. Hier, chez moi, un livre ouvert au hasard laissait apparaître la phrase suivante "un éclair dans l'azur". Cette expression était exactement ce qu'elle signifiait pour moi. Sa silhouette errante m'accompagnait au bout du monde et son sourire en ma mémoire était plus resplendissant chaque jour. La douleur de son souvenir était la lanterne de mon voyage. Dans ce désert sans ombre, je ne pouvais me passer de penser à elle, de songer à ses formes, son regard. A mon retour, elle n'était plus là et son soupir me manqua toute l'année suivante, lorsque je dus ranger et nettoyer les draps dans lesquelles elle s'était donné la mort.

